Traduction d’un article
de Ron Meshanko,
Membre des Men Of Discipline.
1999.
Il y a autant de SM que d’individus. C’est pourquoi vous avez vraiment besoin de savoir ce que votre partenaire recherche, quels sont ses besoins, ses préférences, ses peurs, ses rejets. Beaucoup de soumis auront du mal à dire exactement ce qu’ils veulent. Pour certains d’entre eux, c’est parce qu’ils ne savent pas vraiment ce qu’ils cherchent. Ou peut-être, savent-ils ce qu’ils veulent ressentir, sans savoir ce qui pourrait provoquer ces ressentis. D’autre soumis, ont une idée de ce qu’ils cherchent, mais sont absolument incapables de vous en parler directement. D’autres encore savent ce qu’ils veulent mais considèrent que tout serait gâché, ou faux, s’ils avaient à le demander. Ils veulent que l’initiative des rapports viennent de vous et, ils auraient l’impression de contrôler le jeu s’ils demandaient telle ou telle pratique. Bien évidemment, certains ressentiront plusieurs de ces handicaps : Ils auront une idée de ce qu’ils veulent ressentir, seront embarrassés d’en parler, et auront l’impression de trop contrôler s’ils vous font part de leurs envies.
Il y a plusieurs moyens de régler ces problèmes mais tous demandent un peu de travail de la part des dominateurs. Pour les soumis qui ne savent pas ce qu’ils cherchent, il vous faudra déchiffrer ce qu’ils veulent ressentir. Vous pourrez par exemple leur demander ce qu’ils ont pu ressentir par le passé qui se rapprocherait le plus de ce qu’ils attendent. Même si ce n’est qu’une approche lointaine et très adoucie. Bien sûr, vous devrez aussi utiliser ce que vous savez de votre partenaire, pour deviner ce qu’il recherche. Vous devez savoir ce qui les fait fantasmer, sachant toute fois que les fantasmes sont souvent plus forts ou extrêmes que ce que l’on désire effectivement réaliser.
Alors vous allez faire des tentatives. Une séance ne doit pas durer des heures. Les premières fois, quand vous percevez un terrain d’entente, entre vous, vous pouvez essayer pendant quelques minutes. Naturellement, ce n’est pas parce que cette scène sera courte que vous ne devez pas la prendre avec autant de sérieux qu’une plus longue séance. Vous devez rendre ces « essais » aussi réels et intenses que possible sinon ils ne serviront pas de test. Investissez vous complètement, mais plus brièvement. Par exemple si vous ressentez que votre soumis a envie de porter un collier, mettez le lui, faites lui faire plusieurs choses avec, puis ensuite enlevez le lui. Discutez avec votre soumis, demandez lui ses impressions. Si vous avez apprécié cette scène tous les deux, vous pouvez recommencer et jouer plus longtemps. Ces courtes scènes vous permettront aussi de mettre un terme rapidement à des jeux que vous n’aimez pas, et vous libéreront d’une inquiétude éventuelle.
Pour les soumis qui sauraient mieux ce qu’ils désirent mais seraient trop embarrassés pour en parler, il y plusieurs chemins. Vous pouvez leur demander de l’écrire et de vous donner une lettre. Beaucoup d’entre nous peuvent écrire de choses qu’ils sont incapables de dire. Vous pouvez aussi les saisir par les cheveux, les tenir bien face à vous, les regarder droit dans les yeux et leur donner l’ordre de vous dire immédiatement tout ce que vous voulez savoir. Vous pouvez aussi instaurer (avec son accord bien sûr) un code de punition ou de « torture » tant qu’il n’a pas avoué ses désirs. Les punitions ne sont pas là pour le motiver mais pour lui permettre de sauver la face par rapport à lui même. Il pourra toujours se dire que s’il ne parle pas c’est parce qu’il n’est pas assez cupide, endurant ou rasé, ou quoi que ce soit… Parfois, les laisser parler dans le noir complet, avec vos bras bien serrés autour d’eux, sera suffisant pour qu’ils vous confessent leurs envies et fantasmes.
Les soumis qui ne veulent rien dire car ils pensent que cela reviendrait à ce qu’ils soient les maîtres du jeu, ou qu’ils vous forceraient ainsi à aller vers des pratiques que vous n’appréciez pas réellement, posent d’autres problèmes mais pas de panique ! Vous pouvez leur dire que vous ne promettez pas de réaliser ce qu’ils vous demanderont mais qu’en tant que dominateur vous avez le droit de poser toutes les questions et d’obtenir toutes les réponses. TANT QUE TU ES MA PROPRIETE, LE CONTENU DE TON ESPRIT EST AUSSI MA PROPRIETE, ET TU DOIS ME LE DONNER QUAND JE LE DEMANDE. C’est une phrase fréquemment employée ; et efficace. Vous pouvez dire aussi que vous désirez avoir les informations pour votre simple et propre plaisir. TE SOUMETTRE D’UNE FACON QUI TE PLAISE EST PLUS AMUSANTE POUR MOI QUE DE TE SOUMETTRE D’UNE FACON QUI TE DEPLAISE. LA SECONDE METHODE ME DEMANDE PLUS D’EFFORT POUR MOI DE SATISFACTION. ALORS DONNE MOI CE DONT J’AI BESOIN POUR AVOIR CE QUE JE VEUX.
Pour conclure cette partie, je dirai qu’il y a aussi une sorte de soumis bien particulière : ceux qui pensent que personne n’a réellement envie de les dominer, que vous vous moquez gentiment d’eux. ceux là sont capables de vous planter là, comme un test. C’est comme si ils disaient : si tu veux vraiment ça, viens le prendre.
Une fois que vous avez pris connaissance de tout cela, il y a plusieurs choses encore à savoir :
1/ Vous savez que vos soumis s’intéressent au SM et aux rapports de domination, mais lesquels ?
Veulent-ils jouer pendant de courtes scènes ou bien veulent-ils une relation permanente, entièrement basée sur un rapport dominant/dominé ?
Veulent-ils entrer dans un rapport d’égalité ou dans une relation de maître/éléve, parent/enfant, prisonnier/maton ?
Veulent-ils être considérés ou cherchent-ils avant tout l’humiliation et les punitions ?
Veulent-ils une relation incluant une forte symbolique : collier, agenouillement,…
Aiment-ils que certaines choses soient verbalement exprimées ? « je suis votre propriété maître ! utilisez moi comme vous le voulez, maître ! » ou bien considèrent-ils que ces phrases font un peu folkloriques et désirent-ils des séances sans parler ?
Comment veulent-ils que vous les appeliez ? Certains veulent un nom, d’autres aiment le titre d’esclave, de propriété, d’autres veulent être insultés. Certains aiment à entendre ce qu’on va leur faire, certains veulent entendre clairement énoncé les règles et les interdictions, certains encore aiment être félicités et encouragés. Il est impossible de répertorier la liste de tous les trucs qui peuvent exciter telle ou telle personne. Certains ont aimé que je les appelle « mon esclave », d’autres, quand je les frappaient, aimaient entendre « J’ai besoin de te frapper, prends le comme un cadeau que je te fais… » A ce niveau, tout est très complexe et personnel.
Lorsque vous avez obtenu toutes ces réponses, vous serez en mesure de tracer les grandes lignes de la relation entre vous et votre soumis. Certains soumis répondent au principe qu’ils ne valent rien et méritent seulement d’être punis. D’autres ne veulent prendre aucune responsabilité et vous demanderont de tout assumer. Certains encore essaieront d’être de parfaits petits soldats, totalement dévoués. Quelques uns chercheront la fusion et d’autres voudront vous prouver que par amour et appartenance ils sont prêts à tout encaisser. Tous ces comportements vous apparaîtront plus clairement au fil de vos jeux et séances. Des esclaves n’en auront parfois même pas conscience. Mais si vous arrivez à bien connaître l’état d’esprit de votre partenaire, les choses n’en seront que plus faciles et plus agréables. Vous saurez pourquoi telle ou telle chose fonctionne ou non, parce que vous saurez lire entre les lignes.
2/ quels genres de jeux tournent autour de votre relation SM, dominant/dominé ?
Est ce que le bondage est envisageable ? quel genre ? Quelle intensité ?
Est-ce que la douleur est acceptée ? Quelle force ? Quel type ?
Ok, maintenant vous savez ce que votre soumis désire. Mais vous ? Qu’est ce que vous voulez ? Il est facile de calquer une attitude et une image de dominateur assez stéréotypée, mais certains d’entre nous n’aiment pas ça, et d’autres sont assez gênés par le côté artificiel. Les soumis parfois n’adhérent pas non plus à ce côté cliché. Vous avez besoin de trouver votre style personnel. Le meilleur style n’est pas celui qui se rapproche des stéréotypes, c’est celui qui vous fait les yeux bien brillants, qui vous donne de l’énergie, vous fait vous sentir fort, et vivant.
Bien sûr votre style sera influencé par celui de votre/vos soumis. Le soumis que vous devrez forcer à obéir vous donnera une attitude différente du soumis qui déposera son obéissance à vos pieds, comme un cadeau. Et parfois des soumis passeront de l’un à l’autre, rien que pour vous testez et vous remettre sur vos gardes.
Bon, après ces quelques conseils, foncez.
Ne vous étonnez pas si vos débits sont chaotiques, bizarres,…ou loufoques.
Pourquoi ne pas vous regardez dans la glace et vous dire : Ce n’est pas le visage de quelqu’un qui possède un esclave, je ne suis pas fait pour ça,…Si c’est vraiment ce que vous ressentez ne vous forcez pas. Mais sinon, donnez vous du temps, essayer, tester. Vous serez nerveux, vous vous jugerez durement peut-être, mais après un moment et plusieurs séances, vous commencerez à vous sentir mieux et peu à peu vous vous direz :
C’est vraiment bon !
Traduction et adaptation
Hervé Bernard
Membre associé des MOD.