Poétiquement
appelé « Baiser de feu », le branding est à mon sens un bijou vivant très
significatif. Il est à classer dans les modifications corporelles, au même titre
que le cutting, et quelques autres.Petit historique Le marquage au fer n’est pas nouveau. On y avait recours sur les criminels et les esclaves. Les Français marquaient au fer rouge les criminels d’une fleur de lys sur l’épaule, afin d’en faire pour toujours des parias dans le monde civilisé. Puis ce fut au tour des Protestants de recevoir cette marque. Jusqu’au XVIIIe siècle, on marquait les voleurs de la lettre 'S', pour en faire des serviteurs. Une résurgence du marquage est survenue dans les années 20 et 30, pour les adeptes d’une même communauté. Il était d’usage de montrer son appartenance et son allégeance en y ayant recours. Le marquage était, faut il le rappeler, utilisé principalement aux Etats-Unis pour marquer le bétail et ainsi authentifier son propriétaire par ses initiales. La pratique existe toujours et de nombreuses célébrités - surtout composées de Noirs - telles Michael Jordan, la star des Chicago Bulls, Emmit Smiths, des Dallas Cow-boys, et le Révérend Jesse Jackson portent gravées dans leur peau les lettres grecques de leur fraternité. Encore aujourd'hui, des Universitaires, membres d'une fraternité, se marquent avec du métal chauffé à blanc pour sceller leur appartenance au groupe. Il semble de plus que plus c'est douloureux, plus c'est valorisant pour la personne qui le fait. C’est encore plus initiatique. Aussi, le branding ne pouvait il trouver qu’une place de choix dans l’univers BDSM, et connaît aussi un regain de popularité parmi les adeptes du piercing qui cherchent quelque chose de plus « fort » et de moins usité que le piercing qui se banalise. Motivations Les actes de marquage actuels semblent reprendre le principe du rite de passage puisqu’ils sont abordés comme une épreuve, notamment par la confrontation à la souffrance physique. Mais l’épreuve tend surtout à devenir une performance. De plus, la dialectique entre individu et groupe laisse place à un cheminement strictement individuel. Il n’y a plus de référence à des aînés, voire même à un groupe. La communication avec l’au-delà n’est plus recherchée, se réduit à une communication avec soi-même, de l’identité vécue à l’identité cherchée. Le développement actuel des marques corporelles ne suit donc ni la tradition occidentale ni la tradition tribale. Cette démarche obéit en fait à la recherche de la mise en scène de soi à travers le spectacle des relations sociales. Le corps se fait aide-mémoire, support de marques symbolisant des moments clé de l’existence. Il se fait également décoration. Il s’agit ainsi d’élaborer sa singularité et de la rendre manifeste. Cette recherche de soi à travers le regard des autres conduit à investir le corps et surtout à le considérer comme une matière première inachevée qui reste à modeler. Le corps est ainsi l’intermédiaire entre l’individu, la nature, autrui et lui-même. On peut penser que l’on va de plus en plus vers une recherche de l’esthétisme. Mais comment fait on ? Le motif est préalablement dessiné sur
papier avant d’être décalqué sur la partie du corps choisie, le bras en général,
ou l’épaule. Le marquage se fait ensuite selon 2 techniques différentes.
L’artiste choisit l’une ou l’autre selon le dessin qu’il doit réaliser : soit
avec un stylo à cautériser utilisé en dermatologie qui permet un tracé plus fin,
soit avec des petites plaques d’acier chauffées à blanc. Si la seconde méthode
est retenue, les plaques sont découpées à l’avance en petits morceaux d’après le
dessin. L’artiste les chauffe ensuite au chalumeau et les applique sur la peau.
Seuls une pratique et un œil expérimenté permettent de juger si le métal est
assez chaud et combien de temps il faut le laisser en contact avec la peau. Une
brûlure trop importante nuirait autant à la santé du modèle qu’à la beauté du
dessin…Inutile de préciser que ces pratiques sont très douloureuses, et cela
durant un certain temps. Le branding, par exemple, produit une brûlure au
deuxième ou au troisième degré, avec un risque élevé d’infection. En 1979, les
adeptes de modifications corporelles on été baptisés primitifs modernes par leur
leader, Fakir Musafar. Ce Californien, aujourd'hui âgé de 70 ans, exécute toutes
sortes de performances artistiques avec son corps, dont celle de se suspendre à
un arbre avec des crochets plantés dans la peau. Le septuagénaire publie aussi
Body Art, un magazine consacré aux modifications corporelles. À la fin des
années 80, la sortie de Modern Primitives, un livre traitant des modifications
corporelles nouvelles comme anciennes, a fait connaître le mouvement aux
non-inités.
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| Le Branding est une brûlure, au 2ème, voire au 3ème degré. N'oubliez pas qu'il faut la traiter comme tel, avec un traitement médical adapté: hygiène, asepsie, tulle gras... et en cas de doute, direction les urgences de l'hôpital! |